今天凌晨 2 点多就醒来了,都是因为时差。刷了会手机迟迟睡不着,所以我就叫了个外卖意大利面和波奇饭,果然后面又好好睡了四个半小时。
目前看来是平平无奇的一天,我在利雅得市中心的一个酒店里休息,吃饭,喝水,洗澡,健身,过着最平常的日子。
我愿意称之为追求自由的事业也在开展着,一步一步向前迈。
今天我倒是看了很多关于红楼梦的集锦和剧组成员,对林黛玉的扮演者陈晓旭印象非常深刻。她唯一留下的一个在北大的演讲,竟然是被光华管理学院邀请的(确实是贵学院的做派),那是 2006 年,她或许当时就知道自己得了癌症。她最喜欢的人是林黛玉和贾宝玉,因为他们都看破了、看透了。一年以后,她生病的事情没有告诉身边很多人,也就剃度出家了,度过了人生中最后几个月,享年才 42 岁。生前她事业也成功顺利,从事着当时最火的广告行业。一切的一切令人无限唏嘘。
哀吾生之须臾,羡长江之无穷。
最后我希望把红楼梦里面的「好了歌」附在这里:
世人都晓神仙好,惟有功名忘不了!
古今将相在何方?荒冢一堆草没了。
世人都晓神仙好,只有金银忘不了!
终朝只恨聚无多,及到多时眼闭了。
世人都晓神仙好,只有娇妻忘不了!
君生日日说恩情,君死又随人去了。
世人都晓神仙好,只有儿孙忘不了!
痴心父母古来多,孝顺儿孙谁见了?
我觉得人生全然不用这么悲观,但依然要尊重造化。我宁愿乐观地认为,生活的重创是给人打开艺术创作之路的钥匙。
I woke a little after 2 a.m. — jet lag again. I scrolled my phone for a while and couldn't fall back asleep, so I ordered delivery: pasta and a poke bowl. Sure enough, afterwards I slept another solid four and a half hours.
By all appearances an ordinary day. I'm resting in a hotel in central Riyadh — eating, drinking water, showering, working out — living the most ordinary of days.
What I like to call my pursuit-of-freedom enterprise is moving along too, one step at a time.
Today I ended up watching a lot of clips about Dream of the Red Chamber and its cast. I was deeply struck by Chen Xiaoxu, who played Lin Daiyu. The only speech she ever left at Peking University was, of all things, at the invitation of the Guanghua School of Management (very much that school's style). That was 2006 — she may already have known she had cancer. Her favourite characters were Lin Daiyu and Jia Baoyu, because both of them had seen through it all. A year later, telling few of the people around her that she was ill, she took Buddhist vows as a nun and lived out the last months of her life. She was only 42. Her career had been a success — advertising, the hottest industry of its day. All of it leaves you sighing without end.
"I grieve that my life is but an instant, and envy the long river its endlessness."
To close, I want to leave here the "Song of Good and Gone" (Hao Liao Ge) from Dream of the Red Chamber:
All men know the immortals' way is best,
yet fame and rank they never can forget!
Where are the lords and generals of all the ages?
A heap of wild graves, swallowed by the grass.
All men know the immortals' way is best,
yet gold and silver they never can forget!
Dawn to dusk they grieve they've gathered too little —
and when at last it's plenty, their eyes close.
All men know the immortals' way is best,
yet their darling wives they never can forget!
Alive, you hear her speak of love each day;
once dead, she follows someone else away.
All men know the immortals' way is best,
yet sons and grandsons they never can forget!
Doting parents there have been since time began —
but a truly grateful child, who has ever seen?
I don't think life needs to be seen so darkly — though fate deserves our respect. I'd rather believe, optimistically, that life's heaviest blows are the key that opens the road to making art.
Réveillé un peu après 2 heures du matin — encore le décalage horaire. J'ai traîné sur mon téléphone sans retrouver le sommeil, alors j'ai commandé à manger : des pâtes et un poke bowl. Et en effet, j'ai ensuite dormi quatre bonnes heures et demie de plus.
Une journée en apparence tout à fait ordinaire. Je me repose dans un hôtel du centre de Riyad — manger, boire de l'eau, prendre une douche, m'entraîner — la plus ordinaire des vies.
Ce que j'aime appeler mon entreprise de conquête de la liberté avance elle aussi, pas à pas.
Aujourd'hui, j'ai regardé beaucoup d'extraits du Rêve dans le pavillon rouge et de son équipe de tournage. J'ai été profondément marqué par Chen Xiaoxu, l'interprète de Lin Daiyu. Le seul discours qu'elle ait laissé à l'université de Pékin fut, comble de l'ironie, donné à l'invitation de la Guanghua School of Management (bien dans la manière de cette école). C'était en 2006 — elle savait peut-être déjà qu'elle avait un cancer. Ses personnages préférés étaient Lin Daiyu et Jia Baoyu, parce que tous deux avaient tout percé à jour. Un an plus tard, sans annoncer sa maladie à la plupart de ses proches, elle prononça ses vœux bouddhiques et vécut les derniers mois de sa vie. Elle n'avait que 42 ans. Sa carrière avait pourtant été brillante — dans la publicité, l'industrie la plus en vogue de l'époque. Tout cela laisse infiniment songeur.
« Je pleure la brièveté de ma vie, et j'envie au long fleuve son cours sans fin. »
Pour finir, je veux laisser ici le « Chant du Bon et du Fini » (Hao Liao Ge) du Rêve dans le pavillon rouge :
Tout le monde sait que la voie des immortels est la bonne,
mais gloire et rang, nul ne peut les oublier !
Où sont les ministres et généraux de tous les âges ?
Un tas de tombes perdues que l'herbe a recouvertes.
Tout le monde sait que la voie des immortels est la bonne,
mais l'or et l'argent, nul ne peut les oublier !
Du matin au soir on regrette d'en avoir trop peu —
et quand enfin il y en a assez, les yeux se ferment.
Tout le monde sait que la voie des immortels est la bonne,
mais sa tendre épouse, nul ne peut l'oublier !
De ton vivant, elle te parle chaque jour d'amour ;
toi mort, elle s'en va suivre quelqu'un d'autre.
Tout le monde sait que la voie des immortels est la bonne,
mais fils et petits-fils, nul ne peut les oublier !
Des parents aveuglés d'amour, il y en eut toujours —
mais un enfant vraiment reconnaissant, qui en a vu ?
Je ne crois pas qu'il faille voir la vie si sombrement — même s'il faut respecter le destin. Je préfère croire, avec optimisme, que les grands coups que la vie nous porte sont la clé qui ouvre le chemin de la création artistique.